Métaphysique

Le brahman est la seule réalité absolue et son souffle la source de tous les plans d'existence. Le brahman se reflète dans l'individu et ce reflet s'appelle l'âtman. Cet âtman n'est pas individualisé, ni actif, ni agissant.

La première manifestation de l’âtman dans l’être humain est la buddhi; principe de l’intellect supérieur, de l’intuition. La buddhi n’est pas individualisée, c’est la conscience impersonnelle qui crée les concepts et les idées générales, qui juge et avise.

Vient ensuite sa conscience individuelle, son sens du Moi, appelé ahamkâra. Grâce à cette conscience, l'être humain se conçoit comme une personne particulière séparée des autres. De son Moi naissent le désir de vivre, de s’affirmer, de jouir, de posséder, de s’opposer aux autres.

L'être humain prend contact avec la manifestation par ses facultés internes de connaissance. Il s'agit des cinq sens de perception : l’ouïe, le toucher, la vue, le goût, l’odorat . Et il agit sur cette manifestation avec ses cinq sens d’action : la parole, la préhension, l'excrétion, la génération, la marche.

A cela s’ajoute le manas, le mental, considéré comme un sens. Le manas est la conscience individuelle, formelle qui comprend la raison, la mémoire et l’imagination. C’est une substance subtile, en un sens matérielle. Sa fonction est de surveiller le flot ininterrompu des sensations qui entrent dans le corps, de choisir celles qui peuvent intéresser l'être humain et de faire la synthèse de la situation à chaque moment.

Le manas est l’esprit empirique qui recueille les données sensibles. L’ahamkâra est le moi pensant qui mesure l’intérêt personnel et particulier pour le Moi des données recueillies. Et la buddhi juge et décide avec des interférences du Moi égoïste qui fausse, dissimule, arrête des données.

panchakosha

L’être humain contient des plans distincts de substances vibratoires, kosha, que l’on peut traduire par enveloppes :

ānandamayakoṣa

L’enveloppe de félicité correspond au plan sans forme et d’ordre universel. La lumière du Brahman, le reflet de la buddhi illumine directement la conscience de l’être humain qui la capte par intuition spirituelle et non par raisonnement mental. C’est l’état spirituel le plus élevé que l’on peut atteindre par le yoga. Cette enveloppe accompagne l'être humain dans ses diverses réincarnations jusqu’à la libération finale.

vijñānamayakoṣa

L’enveloppe de la conscience individuelle reçoit directement la lumière de la buddhi mais c'est déjà un plan formel et individualisé avec le sens du MOI. Ce plan est en contact avec le monde grossier du cosmos et de la «matière» telle que nous la connaissons à travers les sens.

manomayakośa

L’enveloppe mental est la conscience mentale par excellence, l’intellect humain avec toutes ses opérations. Sa fonction est encore d’ordre subtil, et les relations du manas avec les sens sont d’ordre vibratoire. Le mental prend la forme de l’objet à connaître, ce qui explique que l’être humain ne peut avoir qu’une seule image à la fois en lui-même et que l’intensité de la mémoire et de la compréhension provienne de l’attention que l’on prête à l’objet examiné ainsi que de la plus grande ou de la moindre facilité du mental pour «vibrer», pour «se former» par rapport à l’objet étudié.

prāṇamayakośa

L’enveloppe énergétique, dans le sens de respiration, de souffle, de fluide subtil, de souffle vital, de vie. On pourrait peut-être le traduire par «force vitale», «énergie cosmique» qui se trouve dans tout le cosmos et dans l’être humain. C’est une substance subtile que les voyants peuvent percevoir autour des corps humains, vapeurs colorées, l’aura traditionnelle. Le prâna est essentiel au fonctionnement de la vie elle-même et sa disparition coïncide avec la mort de l’individu.

annamayakośa

L’enveloppe matérielle grossière du corps humain, littéralement l’enveloppe de nourriture. Elle possède les sens d’action et de réception. Ses caractéristiques sont les six urmi: la faim, la soif, la douleur, l’ignorance, la maladie et la mort. Le jîva vit dans cette enveloppe quand il est à l’état de veille.

Corps causal = ānandamayakoṣa
Corps subtil = vijñānamayakoṣa + manomayakośa + prāṇamayakośa
Corps physique = annamayakośa

Chaque jour, l'être humain connaît 3 états de conscience :

  • État de veille, jāgrat, avec sa pleine conscience du Moi dans le corps physique.
  • État de sommeil avec rêves, svapna, dans le corps subtil.
  • État de sommeil profond sans rêve, suṣupti, dans le corps causal.

Il existe enfin un quatrième état, turīya, obtenu par le yoga, dans lequel l'être humain obtient la fusion temporaire avec Brahman.